Tixador



Tixador, qui a passé son enfance en Afrique, occupe, dès son plus jeune âge, son temps libre à jouer avec la terre. Des constructions de briques avec ses amis, elle passe rapidement à la création de petits personnages et de poupées.

A l'âge de huit ans, elle fait la connaissance, à Pointe-Noire, d'un maître africain qui lui enseigne les secrets de la sculpture.

Elle apprend, en parallèle, le dessin et se lance alors vers une création plus aboutie.

Pendant des vacances en France, alors qu'elle n'a que seize ans, elle réalise sa première exposition à Antibes.

Elle ne cessera dès lors d'exposer. Elle rejoint définitivement la France à l'âge de dix-huit ans, et creuse son sillon en toute indépendance. Inscrite à la maison des artistes, elle propose une oeuvre singulière à base de pierres et de pigments aussi bien pour ses sculptures que pour ses toiles.

Elle habite Agen depuis de nombreuses années où elle a créé dans son jardin son propre pays.

On ne peut porter un regard sur l'oeuvre de Tixador sans penser à un évident retour aux sources. Terre maternelle, nourricière et créatrice, la matière qui compose ses sculptures et ses tableaux est de toute évidence aussi le sujet de ses oeuvres. Si les personnages qu'elle propose évoquent évidemment l'Afrique, il serait réducteur de ne voir dans son oeuvre que cette quête d'une terre qui l'a vue naître et grandir.

Son travail s'apparente aussi à la création d'un univers propre qui traverse les âges et qui ne correspond à aucune réalité, si ce n'est à celle de l'artiste.

Personnages volontiers protecteurs et tableaux rassurants, comme autant de paysages remplis d'histoire, peuplent ce microcosme empreint de poésie.

Plonger dans cet univers, c'est partir à la rencontre d'une humanité retrouvée, privée de ses sarcasmes et de son hypocrisie, qui s'érige en une patrie inconnue ou disparue que l'artiste construit comme un idéal qu'elle nous invite à célébrer.